25 janvier 2006

Ca se passe comme ça... dans le métro !

9h00, R.E.R. A, Noisy-Mont-d’Est…la rame ralentit… s’arrête... mon lecteur MP3 aussi (argh !).
Expulsée de ma rêverie à coups de « biiiiiiiip » (celui qui annonce la fermeture imminente des portes, mais à l’écrit ce n’est pas facile), je cherche désespérément à canaliser mon regard perdu en fixant quelque chose. Les gens ? D’habitude, ils sont excellents à grignoter dans cet environnement métropolitain qui ne m’est pas familier. Mais aujourd’hui il n’y a pas grand monde. Le paysage ? Euh… ! Et puis soudain, à l’intérieur du wagon, une affiche colorée attire mon attention :


5 ème concours de poésie .
Thème : le voyage
Lauréat texte court : M Trucmuche (je n’ai pas retenu son nom) :
Contre un mur
Il y a
Continuellement
Le bout du monde


Woaouh ! Les bras m’en tombent, la mâchoire aussi avec un "Ho" sec et indiscret ! Elle claque cette phrase ! Je la relis, la décortique et la mémorise : aujourd’hui c’est sûr je ne verrai pas les façades de Paris de la même manière. Toute la journée, le poème me trotte dans la tête ; je l’alimente d’images ou de sensations. Et puis en fin d’après midi, je ne sais pas pourquoi, un petit vent stupide de jalousie me pique. Je commence à me dire que le monsieur ne s’est pas foulé tant que ça et que moi aussi je peux le faire : « Allongée dans l’eau, je garde les pieds sur terre », « Prends du recul pour mieux avancer »… Ha ! Ha ! Ha ! Prends ça !... Je jubile…

Petit à petit, dans le courant de la soirée, à force d'en inventer, je suis de moins en moins satisfaite. Mon humeur s'étiole et je me dis que finalement :
Les mots ne sont
Que les costumes
Ingrats
De nos songes